FWB – Espace « Parents » au sein de l’institution scolaire

On entend régulièrement des parents se plaindre, à tort ou à raison, de relations épineuses, voire inexistantes, avec les enseignants. Pourtant, une dynamique efficace entre ces deux composantes de l’éducation de l’enfant sont nécessaires, voire capitales.

Pour réussir la coéducation, et je pense que La Palice en aurait dit autant, cette relation est essentielle dans l’éducation des enfants. Une forme de malaise est en train de s’installer et la défiance à l’égard de l’école est croissante. Cette évolution se traduit par une incompréhension des parents face aux nouvelles méthodes pédagogiques, des revendications, des suivis plus individualisés, des doutes sur la compétence professionnelle, la disponibilité ou l’investissement de certains enseignants.

 

De nos jours, on observe beaucoup plus de craintes et de sujets contentieux que seuls le dialogue et une meilleure relation entre le corps professoral et les parents permettraient de dissiper. Je ne dis pas qu’un espace au sein de l’école destiné aux parents d’élèves et leurs délégués permettrait de combler ce déficit, ces difficultés et ces inquiétudes, ni que du jour au lendemain, on retrouverait le sourire. Mais, si on ne fait rien, je crains que le fossé ne continuera à s’élargir. L’exemple que j’ai cité existe dans la législation française. Celle-ci prévoit la création d’un espace permettant la participation, la rencontre individuelle ou collective, les échanges et la convivialité. Cela permet de donner une place aux parents au sein de l’école.

 

C’est nouveau, car il y a eu toute une pédagogie qui considérait que les parents n’avaient pas leur place dans l’école. Seuls les enseignants et les élèves y avaient leur place et les parents n’avaient pas à interférer sur les cours. Aujourd’hui, nous sommes face à une tendance inverse qui considère cette coparentalité comme indispensable. J’ai voulu avoir l’opinion de la Ministre Schyns sur cette mesure et ses éventuelles modalités de fonctionnement : convient-il de promouvoir l’aménagement de ce type d’espace au sein des établissements de la Fédération Wallonie-Bruxelles? Étant donné que nous allons entrer dans une phase de grands investissements et de nouvelles modalités de financement, à l’instar de ce que nous a dit le ministre Flahaut, c’est peut-être l’occasion d’insister pour qu’il y ait création d’espaces de ce genre.

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La Ministre Schyns, ministre de l’Éducation, a à son tour souligné l’importance du dialogue famille-école, insistant qu’il a été intégrée aux travaux du Pacte pour un Enseignement d’Excellence, le grand chantier de la législature. Elle explique que d’une part, il y est fait référence à l’importance d’associer chacun des partenaires éducatifs – dont les parents font évidemment partie, et chacun dans ses responsabilités propres – à des dispositifs de pilotage de l’établissement, notamment ; et que d’autre part, on parle d’intensifier les processus existants, tels que le Conseil de participation, pour permettre à chacun d’assurer une responsabilité partagée, par exemple, dans la construction et la mise à jour du règlement d’ordre intérieur. Ces mesures contribuent à renforcer la lisibilité du système et à rendre plus explicites les décisions prises, tant par rapport aux parents que par rapport aux élèves.

La ministre reconnait que le dialogue avec les parents, qui n’est pas toujours facile, est considéré comme faisant partie intégrante du métier d’enseignant et doit, à ce titre, faire l’objet d’une attention particulière lors de la formation initiale et continuée des enseignants. L’attention apportée aux modalités de communication à destination des parents commence dès l’entrée à l’école par une explicitation des objectifs et des démarches propres à l’école maternelle. C’est donc l’enseignement maternel qui est le point de départ de tous les dispositifs formels et informels qui favorisent ces relations de confiance. La ministre a ajouté que Groupe central du Pacte propose l’établissement d’un cadastre de ces différents types de dispositifs pour les évaluer, relever les ressources mises à disposition des acteurs scolaires pour améliorer les relations, diffuser ces bonnes pratiques et favoriser leur transmission dans les écoles.

En ce qui concerne ces espaces réservés aux rencontres avec les parents, dont je parlais, la Ministre avance qu’ils constituent déjà des initiatives locales. Le cadastre constituera l’occasion de les repérer, de les évaluer et de les diffuser. Lors des visites d’écoles régulières de la Ministre, elle dit avoir découvert, dans certaines d’entre elles, des espaces de discussion intitulés «Le café des papas» – mis en place avec la collaboration du médiateur – visant à permettre à des parents parfois très éloignés de la culture scolaire de passer une demi-heure, voire une heure, dans l’école de leurs enfants pour discuter de la vie à l’école. Il s’agit d’initiatives locales que le cadastre vise à repérer. La Ministre a souhaité, en outre, rappeler l’initiative prise par son prédécesseur, qui avait diffusé le Guide pratique «Parents-École: Comment mieux connaître l’école et s’y impliquer? », disponible en ligne. Ce guide offre des balises en vue de favoriser la réussite du dialogue et l’alliance éducative nécessaire entre les parents, les directions, les enseignants et les enfants. Il fournit également des conseils à suivre lorsque le dialogue est difficile et encourage les parents à faire des démarches vers les acteurs scolaires, comme les centres PMS ou les services de médiation, même si rien ne remplace le contact réel des familles avec l’école.

 

Il importe de rappeler le caractère indispensable des relations entre les parents et les enseignants. La Ministre l’a fait. Pour ma part, je parlais d’une étape ultérieure, à savoir une matérialisation de la présence des parents par un espace dans l’école. Ce n’est pas faisable partout, mais cela se justifie peut-être dans certains endroits plus que dans d’autres. La Ministre n’a pas écarté la solution basée sur le cadastre. Je reviendrai sur la question