FWB – Réseau qualifiant unique

Fusionner le professionnel et le qualifiant : OUI, et vite ! Le monde entrepreneurial est demandeur. La Wallonie ne peut que gagner à former des professionnels de qualité. Face aux nombreuses annonces de la Ministre, j'ai souhaité connaitre le calendrier.

La Ministre Schyns a fait plus qu’une annonce sur la fusion des enseignements technique et professionnel au sein d’un réseau qualifiant unique. Je suis preneur et je soutiens ce genre d’initiative. J’ai dès lors souhaiter entendre la Ministre nous détailler un peu plus cet objectif, la décision, sa mise en œuvre, l’échéancier, les modalités et les perspectives budgétaires envisagées. Je m’interroge sur la concertation avec le secteur, la manière à laquelle cette mesure s’inscrit-il dans le Pacte pour un enseignement d’excellence et comment tout cela sera-t-il mis en pratique.

Student working on robotic device in vocational class

 

La ministre m’a répondu que la question de la filière unique après le tronc commun pour le qualifiant et l’enseignement de transition menant à l’enseignement supérieur faisait déjà partie d’une des orientations indiquées dans l’avis numéro 2 du Groupe central, qui pilote les travaux du Pacte. Lors des visites d’écoles et des rencontres avec les acteurs de terrain issus du qualifiant, elle s’est rendu compte de l’importance de progresser sur cette question de la fusion entre les filières qualifiantes. Cela devrait se faire, non pas par une modification structurelle, mais de manière graduelle, par la mise en place de profils de métiers et de profils de formations déjà établis aujourd’hui par le Service francophone des métiers et des qualifications (SFMQ) et communs à l’enseignement et à tous les opérateurs de formation. Cette fusion devrait être progressive, comme c’est le cas pour de nombreuses mesures qui figurent dans le Pacte et qui sont à l’étude.

 

Les profils de certification qui sont déjà produits par la cellule CPU (certification par unité), sur la base des profils de métiers et des formation s du SFMQ et qui vont être implémentés progressivement à partir de l’année prochaine, étalent la formation qualifiante sur trois ans, en quatrième, cinquième et sixième années. L’approche se faisant par métier sur trois années, cette opposition entre technique et professionnel n’a plus de raison d’être. Il n’y a pas des métiers du technique et des métiers du professionnel ; il y a des métiers du qualifiant et la Ministre veut en finir avec cette structuration trop clivante. De plus, elle souligne que cette dualité n’apparaît pas chez les autres opérateurs. L’importance d’une formation générale de qualité dans l’enseignement qualifiant ne doit pas être remise en cause. Par contre, une plus grande adéquation entre la formation qualifiante et la formation générale serait de nature à homogénéiser l’ensemble de la formation dispensée et à être davantage porteuse de sens pour l’élève. Il ne devrait plus y avoir pour lui un aussi grand écart qu’auparavant entre la formation qualifiante choisie et les cours généraux parfois « subis » par les élèves du qualifiant.

 

Cette perspective, couplée à un déploiement sur trois ans de la formation qualifiante en CPU, devrait aussi être de nature à favoriser l’accrochage scolaire et la motivation des élèves comme on le voit aujourd’hui au niveau de la cellule CPU. Il faudra néanmoins attendre le rapport du Groupe central pour savoir si cette option a été retenue. Au-delà de cette vision qui peut sembler théorique, personne ne niera qu’un cours de mathématiques qui fait sens par rapport à la formation qualifiante suivie ne peut, par translation, que favoriser l’apprentissage du métier lui-même. En clair, la Ministre veut optimaliser le lien entre la formation générale et la formation qualifiante pour chaque cours, de façon à favoriser l’apprentissage du métier grâce à la formation générale et, par retour, l’apprentissage dans les cours de formation générale grâce à la mise en application de ceux-ci dans la formation qualifiante. En ce sens, la formation qualifiante sera revalorisée.

 

En ce qui concerne l’aspect budgétaire, considérant que l’implémentation graduelle des profils définis par le SFMQ avant d’être introduits dans l’enseignement nécessite par ailleurs un suivi et un pilotage attentifs, il n’est pas possible d’en déterminer l’impact aujourd’hui. Il est toutefois clair que cette structuration par métiers ne répond pas à un impératif budgétaire et ne fait pas l’objet d’économies! Le but est de travailler par métiers. C’est ce que demande le monde des entreprises qui espère une formation générale de qualité, avec des soft skills , des compétences comportementales et une faculté d’apprendre à apprendre. Les entreprises espèrent rencontrer des citoyens responsables, possédant une formation au métier d’une durée de trois ans alors qu’aujourd’hui, la possibilité de changer d’option entre la quatrième et la cinquième années ne valorise pas les filières techniques et professionnelles.

Pour ma part, je pense qu’on ne peut qu’être d’accord avec la Ministre. On peut accepter que cela se fasse de manière progressive. Cependant, à un moment donné, il faut décider ! Je croyais que la décision avait été prise. Il faut prendre ses responsabilités et mettre en place un réseau qualifiant unique. C’est ce qu’attendent la plupart des acteurs. Je suis convaincu que nous ne parviendrons jamais à mettre tout le monde d’accord à ce sujet. J’ai bien conscience du fait que d’aucuns y opposeront un conservatisme royal, mais ce n’est pas grave. La Ministre a d’ailleurs aurait d’ailleurs déjà reçu beaucoup de courriels à ce sujet! Mais à un moment donné, il faut donner la direction. C’est ce que j’ai demandé à la Ministre de faire, quels que soient les opposants auxquels elle sera confrontée. Des opposants, elle en aura. Soit on est conservateur, soit on est progressiste, soit on est réformateur. Pour ma part, je suis réformateur. Je ne manquerai cependant pas d’être attentif par rapport à la priorisation pour que cette mesure aboutisse.