FWB – Protéger l’école en milieu rural

En commission de l'Enseignement, j'ai questionné la Ministre de l'Education sur l'école en milieu rural. En effet, nos villes, selon leur taille et leur poids démographique, sont confrontées à des réalités toutes différentes. D'un côté, nos grandes villes régionales connaissent une forte poussée démographique et la création de nouveaux bâtiments scolaires y est une priorité. D'un autre côté, les petites villes rurales sont de plus en plus confrontées à la fermeture d'établissements scolaires.

ecoleDans les campagnes, il arrive que la survie d’une école soit suspendue au déménagement d’une famille. Je me suis posée la question des normes en vigueur, des mesures qui, nonobstant certaines normes,permettent parfois de maintenir une école, etc. En effet, une école représente bien plus qu’un projet pédagogique. C’est aussi un tissu social,familial, un réseau de relations autour de l’école et c’est encore plus vrai en milieu rural.
J’ai voulu savoir s’il existait des statistiques pour les dix dernières années sur le nombre d’écoles qui auraient dû fermer, s’il est possible de géolocaliser tous ces éléments par province et quel est le rôle des pouvoirs organisateurs dans les communes concernées? En effet, quel que soit le réseau – libre, Fédération Wallonie-Bruxelles ou communal, forcément – le bourgmestre est souvent le premier à être confronté à ces réalités scolaires et extrascolaires. L’administration et/ou le cabinet ont-ils des contacts particuliers avec le bourgmestre ou l’échevin de l’Éducation pour avertir d’un possible dérapage? Selon moi, une mobilisation plus directe des élus locaux pourrait éviter des catastrophes.
La Ministre m’a répondu que c’est l’arrêté royal de 1984 qui constitue la base légale des normes de maintien. Même si aucune dérogation à ces normes n’est prévue, il existe une exception pour les écoles et les implantations dans les communes avec une densité de population inférieure à 75 hab./km². Si les normes de rationalisation sont atteintes à 80 % du minimum requis, l’école est maintenue ouverte, sans restriction, si les élèves qui y sont inscrits ne trouvent pas une école ou une implantation du même réseau plus proche de leur domicile. Par cette mesure le législateur fait preuve de l’importance accordée à la survie des écoles rurales, tout en veillant à la liberté des parents dans
le choix de l’école de leurs enfants. Une norme prévue par le législateur rencontre donc les réalités, d’autant que la fermeture d’une implantation dans une commune est souvent compensée par l’ouverture d’une implantation ailleurs. Tout est question de démographie locale. La fermeture définitive d’une implantation scolaire n’est pas automatiquement imputable à un manque d’élèves, étant donné l’ampleur des restructurations effectuées chaque année dans l’enseignement fondamental ordinaire.
J’ai formulé deux remarques supplémentaires à la ministre: d’une part, je ne dis pas que les normes existantes méconnaissent les réalités, mais celles-ci évoluent et j’estime qu’il faut parfois faire évoluer les normes. Il n’est pas étonnant que plusieurs parlementaires s’intéressent à cette question, car l’école n’est pas qu’un projet pédagogique, elle est aussi importante pour la vie sociale. Et plus un village est petit, plus il est attaché à son école et peut-être encore à son clocher.
D’autre part, j’insiste sur une forme de proactivité, qui ne nécessite ni nouveau décret ni nouvelles mesures. Je suis persuadé, les réalités
étant très différentes d’une commune à l’autre, qu’une sensibilisation des élus communaux, des bourgmestres et des échevins aux difficultés auxquelles une école est confrontée, permettra de trouver une solution: il peut notamment s’agir de collaborations, si ce n’est d’un rapprochement entre les réseaux. Je pense surtout que tout ce travail doit toutefois se faire au préalable et non après coup.