FWB – Catégorie technique de type court en Haute Ecole

Les formations de catégorie "technique" organisées en haute école ont le vent en poupe : inscriptions en hausse et, cerise sur le gâteau, un taux d'embauche significativement haut, voire le plein-emploi dans certaines filières et écoles. Mais le taux de diplômés reste trop bas face aux besoins du marché de l'emploi. Une publicité ciblées est nécessaire.

Qu’il s’agisse des sections chimie, automobile, informatique ou construction, pour ne citer que celles-là, les catégories techniques de type court de nos hautes écoles semblent parfaitement répondre à un besoin, si l’on se base sur le taux d’emploi qui suit ces formations. J’avais d’ailleurs été visiter une de ces sections à Tournai, juste avant la période électorale. Le directeur prétendait que les élèves formés dans son établissement trouvaient immédiatement du travail en sortant des études et ses dires étaient conformes à la réalité. Il déplorait ainsi qu’il n’y ait pas davantage d’élèves inscrits, eu égard aux disponibilités de son école d’une part, aux possibilités d’emploi, d’autre part. Tout pourrait aller pour le mieux dans le meilleur des mondes ! Pourtant, compte tenu du taux de chômage élevé et de l’importante pénurie d’emplois, force est de constater que ces filières ne sont pas suffisamment exploitées.

Je me demandais si la situation à Bruxelles était identique à celle de la Wallonie. En 2013-2014, on comptait 7 787 étudiants inscrits dans les hautes écoles, et même si la situation évolue, elle n’est toujours pas optimale. Dès lors, je me demande comment renforcer l’attractivité de ces filières. Aussi, j’ai voulu savoir quelle était la part d’étudiants issus de l’enseignement secondaire technique et professionnel dans ces filières, ainsi que s’il existait des collaborations entre les sections techniques et professionnelles secondaires et les hautes écoles. Ensuite, j’ai posé la question des besoins : les besoins en infrastructures et en matériel sont-ils en phase avec les besoins professionnels sur le marché de l’emploi ? Et puisqu’il s’agit de formations professionnalisantes, un suivi des diplômés est-il effectué? Cela pourrait laisser penser que cette réussite, telle qu’exprimée par ce directeur d’école et telle qu’en attestent les enquêtes que j’ai consultées en la matière, est rencontrée.

 

Le Ministre Marcourt, ministre de l’Enseignement supérieur, a confirmé le fait que nos entreprises manquent cruellement de techniciens spécialisés issus de l’enseignement supérieur. Pour l’ensemble des sections techniques de type court, on constate une légère progression. En 2013-2014, ils étaient donc 7 787 étudiants, en 2014-2015, 7 899 étudiants et en 2015-2016, 8 126 étudiants. L’évolution est positive, mais insuffisante pour répondre aux besoins des entreprises. Sur l’ensemble de ces étudiants, 51 % sont issus de l’enseignement général, 13 % de l’enseignement technique et artistique de transition et 33 % de l’enseignement technique de qualification.

Renforcer l’attractivité des filières techniques est une préoccupation des hautes écoles depuis de nombreuses années et concerne également les études techniques de type long. Le ministre souligne que de nombreux efforts sont entrepris pour améliorer l’information destinée aux jeunes, en mettant notamment l’accent sur l’importance et la variété des débouchés. Néanmoins, les études à caractère technique restent encore peu attrayantes aux yeux de nos étudiants. On sait que c’est généralement en cinquième année du secondaire que le choix des études supérieures est opéré. Cela montre toute l’importance des actions développées dans l’enseignement secondaire général et technique pour donner le goût des sciences et des métiers techniques aux élèves. Elles doivent continuer à se développer. Des collaborations entre les enseignements supérieur et secondaire existent bien évidemment pour tenter de réduire l’écart existant entre les compétences en fin de secondaire et celles exigées dans l’enseignement supérieur, et ainsi lever le frein constitué par la peur de ne pas y arriver. Des partenariats existent également avec des acteurs extérieurs à l’école, qui mènent des actions très concrètes et positives visant à valoriser les métiers techniques. Un exemple est l’association Skillsbelgium qui accomplit un travail remarquable en la matière.

Quant aux besoins spécifiques en matière d’infrastructure et de matériel, le Ministre Marcourt explique que des collaborations existent et se multiplient au sein des pôles entre hautes écoles et avec des universités pour permettre le partage de l’accès au matériel de pointe. Enfin, le ministre détaille que les liens entre les hautes écoles et le monde du travail sont très étroits, ne fût-ce que par l’importance et la qualité des stages effectués en entreprise. Ces liens étroits permettent d’adapter les formations aux attentes des professionnels, tout en gardant un caractère polyvalent. L’évolution des techniques oblige, en effet, les travailleurs jeunes et moins jeunes à s’adapter et à évoluer. Le développement des filières en alternance doit également nous permettre de mieux rencontrer les besoins des différentes parties.

Il me semble que le Ministre et moi-même sommes d’accord sur le constat et sur le fait que ces formations apportent des améliorations en matière de qualité. Le Ministre a énuméré les efforts déployés en termes de communication et de promotion de la filière, mais cela semble insuffisant. Il faut trouver autre chose, car même les opérateurs privés ou extérieurs le font. Je n’ai pas trouvé dans la réponse du ministre l’élément qui m’aurait permis de penser qu’on avait trouvé la solution et qu’on allait la mettre en œuvre. Il est dans l’intérêt de tous de se pencher sur ce dossier : il s’agit là d’un vrai défi pour lequel nous pouvons sans doute nous épauler.  constructionin