SKEYES : mise en place d’un « front wallon »

Suite au conflit social chez SKEYES, la Wallonie via la SOWAER, Liege Airport et BSCA ont décidé d’actions communes afin de lutter contre ces ruptures incessantes du service.

Contexte

Depuis quelques semaines, le gestionnaire du trafic aérien belge, SKEYES ne s’est pas montré capable de livrer un service fiable aux trafics liés aux aéroports wallons de Liège et de Charleroi.

Cette situation cause un lourd préjudice à la Wallonie (propriétaire des aéroports via la SOWAER), aux deux sociétés de gestion Liege Airport et BSCA ainsi qu’aux entreprises privées évoluant sur les deux plateformes et aux passagers.

Dès mars dernier le Ministre Crucke a demandé officiellement au patron de l’entreprise publique les éléments de réponses à cette problématique. A ce jour, cette demande transmise le 13 mars 2019 est restée sans suite…

Dans la foulée, le 18 mars 2019, le Ministre Crucke mandatait la SOWAER en vue d’étudier tous les scénarii possibles en matière d’alternatives à SKEYES.

Le 8 avril 2019, le Ministre Crucke dénonçait à nouveau la situation et demandait à son homologue fédéral d’inscrire au sein du Contrat de gestion de SKEYES des éléments permettant de garantir la continuité de service du contrôleur aérien (indemnisation en cas de dommage, renforcement du service minimum, …).

Le 3 mai 2019, la SOWAER fut mandatée par le Ministre Crucke pour commander une étude juridique auprès d’un bureau d’expertise pour préciser les tenant et aboutissant d’une solution alternative à SKEYES. La SOWAER a mandaté le bureau PEGASUS à cet effet lors du Comité de direction du 14 mai dernier.

Par ailleurs, la Wallonie prévoit chaque année un budget de 8 millions d’euros pour les services déployés par SKEYES au profit des aéroports wallons. Vu le contexte d’un manque flagrant de la fiabilité du service, la Wallonie a décidé de suspendre – jusqu’à nouvel ordre – tout paiement à SKEYES. En outre, les négociations entamées en juillet 2018 en vue de concrétiser une convention stratégique sur dix ans entre la Wallonie et Belgocontrol/SKEYES ont été suspendues et reportées sine die.

En parallèle à ces éléments politiques, les sociétés aériennes basées à Liège (LACHS, CAL, …) ont intenté des actions en justice (en référé) avec des astreintes à la clé à charge de SKEYES. Par ailleurs, les sociétés de gestion ont également fait appel à un certain sens des responsabilités tant vis-à-vis des acteurs syndicaux que vis-à-vis des acteurs socio-économiques.

Un « front wallon »

Cette situation déplorable engendre un préjudice grave pour les aéroports wallons tant en termes de manque à gagner (perte de redevances, de chiffres d’affaires, …) qu’en termes de mauvaise image pour les deux plateformes et plus globalement pour la Wallonie.

La Wallonie et les deux sociétés de gestions ont investi lourdement dans ces deux outils stratégiques.  En l’absence de réponse structurelle de la part de SKEYES, la situation reste malheureusement précaire et de nouvelles interruptions du service sont annoncées dans les heures et jours qui viennent.

Pour lutter contre ces ruptures incessantes du service, la Wallonie, la SOWAER, Liege Airport et BSCA unissent leurs forces pour placer SKEYES devant ses responsabilités et faire respecter ses engagements. Les acteurs wallons étudient également les alternatives structurelles permettant, le cas échéant, de se passer des services de SKEYES.

Actions

Outre les actions déjà mises en place, le front wallon mettra en place toutes les actions concrètes nécessaires en vue de restaurer la fiabilité complète du service.

A court terme, les actions suivantes complèteront le dispositif déjà mis en place :

  • Dépôt d’une requête unilatérale (commune aux trois acteurs wallons ou en intervention volontaire) en vue d’exiger la continuité du service. Des astreintes seront exigées à défaut.
  • Convocation dans les meilleurs délais du Comité stratégique de la SOWAER. Ce comité a été créée en 2017 en vue de coordonner les acteurs entre la SOWAER et les deux sociétés de gestion. Les trois acteurs y siègent de manière collégiale. L’opportunité d’une action commune sur le fond y sera débattue.
  • Une fois l’étude du bureau PEGASUS terminée, la Wallonie – avec l’aide des deux sociétés de gestion – analysera les pistes d’alternatives structurelles à SKEYES.