RW – L’élection du nouveau Président des USA

Le 9 novembre dernier, au lendemain des élections présidentielles américaines, j'ai interpellé, en séance plénière via une question urgente, le Ministre-Président, Paul Magnette, sur l'élection de Donald Trump. Vous trouverez, ci-dessous et en détail, mon intervention.

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Monsieur le Ministre-Président, de nombreux Wallons, de nombreux Belges, de nombreux Européens se sont levés ce matin avec un goût amer face au résultat des élections présidentielles américaines – elles ne sont pas que présidentielles, d’ailleurs. Quel que soit ce résultat, il y a une chose que nous pouvons reconnaître : il n’est pas contestable. C’est le vote démocratique des Américains. Il n’empêche qu’après ce que j’appelle le réveil, il peut y avoir l’éveil. Ce n’est pas à l’homme Paul Magnette que je m’adresse, mais au ministre-président. Face à cette nouvelle donne internationale, comment le premier des Wallons, comment celui qui est à la tête de 4 millions d’habitants, intègre aujourd’hui cette donne ? Une minute ne suffira pas, nous poursuivrons bien évidemment en commission ce débat. Comment pensez-vous qu’il y a lieu d’aborder ce sujet, mais surtout, comment demain fera-t-on en sorte que ce soit du dialogue qui mène ce monde et non pas uniquement des différences ?

M. Magnette, Ministre-Président du Gouvernement wallon. – Monsieur le Député, il faudrait effectivement beaucoup plus qu’une minute pour aborder ce sujet très compliqué. Je dirais simplement, en style télégraphique, comme vous, que, premièrement, les citoyens américains se sont prononcés. Ils ont fait un choix, nous n’avons pas de jugement à porter sur ce choix. Nous n’aimerions pas que d’autres portent des jugements sur nos choix démocratiques. C’est le président élu, même si ce n’était clairement pas la préférence de l’immense majorité des Européens. Deuxièmement, il ne faut pas porter de jugement hâtif et précipité. On a un candidat qui a mené la campagne que l’on sait. Nous verrons, en tant que président, ce qu’il fera. Nous verrons comment le système politique américain permettra de contrôler, d’encadrer et d’éviter un certain nombre de dérapages. Troisièmement, puisque nous faisons de la politique et que nous nous prononçons sur de grands enjeux, c’est peut-être aussi pour l’Europe une chance. Si les États-Unis renouent avec une tentation unilatérale, si au sein de l’Europe certains craignent d’être demain à la merci des voisins russes, combiné avec le Brexit, c’est peut-être à nouveau une chance pour l’Europe – comme en 2003, au moment de la guerre en Irak – de réaffirmer son poids politique sur la scène internationale. En tout cas, je pense que c’est comme cela que nous devons le prendre et c’est comme cela que nous devrions réagir.

Je remercie le ministre-Président pour sa réponse. Comme on l’a dit, le temps nous est compté, mais je peux partager deux éléments de votre réponse, Monsieur le Ministre-Président. Premièrement, c’est le nécessaire recul, donner du temps au temps. On peut réagir par sensibilité, mais on peut aussi donner à la raison le temps de la réflexion. Deuxièmement, c’est l’Europe. Je pense effectivement que se dire aujourd’hui Européen, c’est peut-être avoir du courage, c’est sans doute de la raison. À tous ceux qui pensent que ce n’est que de la faute de l’Europe, nous, majorité comme opposition, de temps en temps, on peut aussi nous regarder en se disant que l’on a sans doute des efforts à faire pour arriver pas seulement à redorer le blason de l’Europe, mais celui de la Wallonie dans l’Europe et de l’Europe vis-à-vis de la Wallonie.