Plan Wallon Energie Climat 2030 : contribution wallonne

Ce jeudi 19 juillet, le Gouvernement wallon a approuvé le Plan Wallon Energie Climat 2030, contribution wallonne au Plan National Energie Climat (PNEC). L’exercice de compilation va commencer.

Contexte européen

L’Union européenne et ses états membres se sont engagés à réduire leurs émissions de Gaz à Effet de Serre (GES) d’au moins 40% par rapport à 1990 à l’horizon 2030. Pour atteindre cet objectif, il a été décidé :

  • une part d’au moins 32 % d’énergie renouvelable dans le mix énergétique
  • une augmentation de 32,5 % de l’efficacité énergétique

Pour participer à ces efforts, chaque état membre de l’Union Européenne est invité à établir un Plan National Énergie-Climat 2030. Ce plan, à introduire auprès de la Commission Européenne pour fin 2018, devrait être définitivement adopté fin 2019. Il définira les objectifs visés, les politiques et les mesures à mettre en place.

Déclinaison des objectifs européens à la Belgique

Au niveau belge, trois des objectifs européens globaux les plus structurants concernent :

  • La réduction des émissions de GES dans le secteur non-ETS avec un objectif contraignant de -35% au niveau belge
  • La part d’énergie renouvelable estimé à 21% (calcul réalisé par la commission européenne) pour contribuer à l’objectif européen contraignant
  • Des économies d’énergie cumulées de 0.8% de plus chaque année (article 7 de la directive sur l’efficacité énergétique). Cet objectif est contraignant au nivau des états membres

Ces objectifs doivent être atteints au moyen de sous-objectifs, de politiques et de mesures sectoriels.

Les sous-objectifs sectoriels wallons

Tous les secteurs devront fournir des efforts de réduction de la consommation, de réduction des émissions de GES et d’usage de solutions moins carbonées. Les secteurs contribuant de manière significative aux objectifs du plan concernent le transport, le bâtiment tant résidentiel que tertiaire et la production d’énergie renouvelable. L’industrie grosse consommatrice n’est pas concernée par le plan mais répond directement au mécanisme de quota d’émissions européen (ETS). Les plus petites industries (non-ETS) ne représentent qu’une faible fraction des émissions et sont bien concernées par le plan.

La figure ci-dessous illustre la contribution relative des émissions de GES de chaque secteur.

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Parmi les principaux objectifs et mesures, retenons les 3 suivantes :

  1. La mobilité : Le plan FAST (Fluidité, Accessibilité, Santé/Sécurité et Transfert Modal) fixe des objectifs ambitieux de réduction de la consommation énergétique du transport de biens et de personnes en abordant la mobilité de manière transversale, notamment via le d’assurer le verdissement du parc de véhicules. On peut également souligner les mesures de verdissement du parc de transports en commun actuellement en cours.
  2. Production d’énergie renouvelable : augmentation de la part de la consommation finale totale jusqu’à ~23,6% (dont 37% en électricité et 25% en chaleur), partant de ~13,9% en 2020. Ces énergies seront majoritairement issues de la production éolienne et photovoltaïque pour l’électricité et de la biomasse pour la chaleur.
  3. Stratégie Rénovation : Le gouvernement a approuvé en avril 2017 une ambitieuse stratégie de rénovation visant à réduire de l’ordre de 70% la consommation d’énergie des bâtiments à 2050. Le présent plan à 2030 prévoit une réduction de l’ordre de 29,1% de la consommation d’énergie, en moyenne pour le tertiaire et le résidentiel.

D’autres objectifs sont fixés en industrie non-ETS, en matière de réduction des gaz fluorés, dans le secteur agricole. Ajoutons également que 4% du budget R&D sera affecté à des projets traitant directement d’énergie et de climat (il est actuellement estimé à 2-3%).

Les principes des politiques et mesures

Pour atteindre ces différents objectifs, il y a lieu d’envisager la mise en place de mesures constituant un ensemble cohérent pour orienter nos choix vers les solutions les plus décarbonées. La ligne directrice articule deux principes interdépendants : le pollueur-payeur et le signal-prix :

  • Le principe du pollueur-payeur vise à ce qu’un produit ou un bien de consommation, lorsqu’il induit un impact négatif sur la santé ou sur l’environnement et génère par conséquent un coût indirect pour la société.
  • On proposera un prix incitatif pour pousser à une consommation responsable.

Par ailleurs, les mesures doivent également veiller à mettre à disposition les alternatives aux solutions carbonées. Par exemple : quelle alternative à une chaudière au mazout ? quelle alternative au transport de marchandises en camion diesel ? Pour atteindre ses objectifs, le gouvernement wallon suis une ligne conductrice :  mieux informer, rendre économiquement attractif et développer des alternatives.