FWB – « En cas d’égalité entre les hommes, c’est toujours un [cycliste] Flamand qui passera avant ». Waarom ?

Voilà des paroles pour le moins surprenantes, d’autant plus qu’elles ont été formulées par le Président de la Fédération cycliste Wallonie-Bruxelles (FCWB) ! Qu’en est-il et pourquoi ?

L’équipe belge de cyclisme n’a pas démérité à Doha, loin de là, étant donné les difficiles conditions climatiques. Cependant, il était frappant de constater l’absence de coureurs wallons et bruxellois francophones. Seul Jonas Van Genechten ne semblait pas remis en question, mais lui non plus n’a pas été sélectionné. La réaction du président de la Fédération cycliste Wallonie-Bruxelles (FCWB) était plus surprenante encore quand il a fait cette déclaration, qui mérite à tout le moins une analyse: «En cas d’égalité entre les hommes, c’est toujours un Flamand qui passera avant» (interview Sudpresse de Stéphane Thirion, le 13 octobre dernier, voir ici).

À performance égale, un Flamand bénéficierait donc d’une longueur d’avance. J’ai du mal à comprendre ces mots, qui sortent pourtant de la bouche du président ! Il a en outre ajouté que le sélectionneur de l’équipe des juniors ne connaissait pas les coureurs wallons. Le sélectionneur d’une équipe nationale devrait quand même savoir ce qui se passe sur l’ensemble du territoire et connaître toutes les équipes. Ce type de déclaration m’inquiète en termes politiques. Je souhaitais connaître non seulement la réaction du Ministre, mais aussi les initiatives qu’il envisage de prendre pour changer radicalement cette réalité afin de faire passer l’éthique sportive avant les problèmes linguistiques.

Enfin, toujours dans cette interview de Sudpresse, on peut lire que les moyens de la Fédération Wallonie-Bruxelles sont insuffisants pour espérer de meilleurs résultats. Partagez-vous cette opinion ? Dans l’affirmative, quelle a été l’évolution au cours de ces dernières années et une progression est-elle possible ? Quels sont les moyens affectés au développement du cyclisme d’élite au niveau international? Manifestement en tout cas, les Wallons ne sont plus les bienvenus dans l’équipe nationale.

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Dans ce dossier, le Ministre reconnait qu’en fonction des moyens alloués au cyclisme, il convient de se demander s’il faut conserver deux équipes. Il rappelle par ailleurs que pour une équipe nationale, c’est le coach national qui fixe les règles de préférence en se fondant sur des critères sportifs. Nous les connaissons. Je connais aussi le président de la fédération belge de cyclisme, M. Van Damme, et il ne m’a jamais habitué à un comportement différencié sur une base communautaire. Je suis surpris et cela d’autant plus que ces propos ne sont pas ceux d’un amateur. Il s’agit du président de la fédération francophone de cyclisme ! Je comprends que le Ministre ne veuille pas donner dans la surenchère, mais qu’en est-il dès lors de la véracité de ces propos ? S’ils sont faux, il convient de les démentir et s’ils sont exacts, il faut que l’on nous donne des explications. J’espère que nous connaîtrons rapidement la vérité. Ce n’est pas en contournant l’obstacle que nous pourrons éviter l’obstacle suivant. Il faut percer l’abcès et je pense que le Ministre a un rôle à jouer pour y parvenir.